Histoire du village
À la fin du XIII ième siècle, une commanderie est fondée par les moines anachorètes de l'ordre de Saint Antoine, les Antonins, sur la voie limousine du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette commanderie fortifiée comporte une église conventuelle et un moulin et est située à proximité du pont péager qui franchit la Bassanne. L'ensemble devient, par la suite, propriété de l'ordre de Malte puis, à la Révolution, la commanderie et le moulin sont vendus comme biens nationaux, l'église restant propriété de l'état et donc de la commune.

À la Révolution, la paroisse Saint-Martin-de-Monphélix forme la commune de Pondaurat.
Histoire de Pondaurat
La situation géographique de Pondaurat explique la grande richesse de son patrimoine bâti. Aussi, une simple promenade dans le village constitue à elle seule un cours d’histoire médiévale.

Pondaurat est établie le long de la Bassanne, affluent de la rive gauche de la Garonne. Elle est une halte importante sur la grande route nord-sud qui, depuis Aubeterre, Castillon La Bataille, La Réole, Bazas, Captieux, permet de gagner les Pyrénées. Cette route est organisée dès le XIIe siècle par l’ordre des religieux antonins, qui y entretiennent des hôpitaux. Les antonins sont réputés pour leur médication contre le « mal des ardents » provoqué par l’ergot du seigle. La voie devient ensuite un tronçon de la grande voie compostellane de Vézelay à Ronceveaux.

À peu de distance de l’église paroissiale Saint-Martin-de-Montphélix de Pondaurat, dans le petit vallon de La Bassanne, vient donc s’ajouter, au XIIIe siècle, un couvent responsable de la construction du pont. Il faut alors nourrir les voyageurs, et les moulins de Montarras, de La Rose, du couvent, du Carrat, du Mouliet s’y emploient. Plus tard, une petite ville d’artisans apparaît, avec fours de boulangers, bouchers, auberge, et ce vieux bourg est fortifié pour être protégé des pillards.

Grâce à la qualité du calcaire local, dur et légèrement doré, les matériaux ne manquent pas. Un inventaire de la population de 1874 donne les noms de 5 carriers et de 4 tisserands. Cette dernière activité est alimentée par l’élevage de moutons et la culture du chanvre. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les foires mensuelles sont réputées pour le gros bétail et pour les veaux.

D’un point de vue géographique, la commune est divisée entre le plateau au nord, et le dénivelé boisé de la Croix de Thau.

Le patrimoine du village est remarquable par son ancienneté et sa diversité : église romane, commanderie hospitalière, pont-digue médiéval, cinq moulins au fil de l’eau, maisons anciennes d’époques variées.

Les armes de Pondaurat se blasonnent ainsi :

Écartelé de sable et d'azur, au premier au Tau d'argent rempli d'azur, au second au pont barrage à quatre arches d'or mouvant des flancs, au troisième à la coquille d'or, au quatrième à la croix de Malte d'argent.

Le Tau est le symbole des Antonins fondateurs de la commanderie, le pont barrage est celui qui franchit et ralentit la Bassanne, la coquille signale l'étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et la croix de Malte représente les derniers propriétaires de la commanderie avant le révolution.
L'église Saint-Antoine de Pondaurat
L'église est située au cœur du bourg.

L'édifice construit, à l'origine, au XIII ième siècle est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 21 novembre 1925 en totalité.
Église Saint-Antoine
L’église Saint-Antoine de Pondaurat est construite par l’ordre religieux des antonins qui établit dans le village une commanderie hospitalière, au XIIIe siècle. L’édifice conserve quelques éléments de décor nettement postérieurs.

Le couvent des antonins de Pondaurat est bien entendu doté dès sa construction d’une église, naturellement placée sous le vocable de saint Antoine. L’édifice a traversé les siècles sans trop de dommages.



L’église est bâtie en bel appareil, avec de très régulières voûtes sur croisée d’ogives. Son plan d’origine en croix grecque (quatre branches de longueur égale) est modifié par l’adjonction d’une travée à l’ouest, formant un espace réservé à l’accueil des pèlerins.

L’histoire de l’église est inscrite sur les clefs de voûte : l’une présente le tau, qui est l’emblème des antonins, une autre montre une croix de Malte car, en 1776, l’ordre de Malte a repris la commanderie en y entretenant une pharmacie rurale réputée.

Jean-Didier de Pichard, maire de Pondaurat de 1808 à 1830, rachète de ses deniers l’église du couvent, alors abandonnée, pour la rendre à sa destination première.

L’église, inscrite à l"inventaire des monuments historiques, présente aujourd’hui un décor peint datant du XIXe siècle. Elle conserve également une statue en bois de Vierge à l’enfant, du XVIIe siècle.

Cette statue est située à la croisée du transept nord, en position debout, elle tient l’Enfant sur son bras gauche. Sculptée en bois, elle est couverte d’une polychromie étonnante, où dominent l’or de son manteau, de la tunique de l’enfant et le gris argent de sa robe. Cette polychromie est probablement refaite au XIXe siècle, en même temps que les parois de l’église sont redécorées.

Jusqu’à aujourd’hui la statue a conservé sa place dans l’église Saint-Antoine, édifice heureusement racheté par le maire de la commune au début du XIXe siècle pour le sauver de l’abandon.

L'église Saint-AntoineNef de l'égliseStatue de la viergeIntérieur de l'égliseChoeur de l'égliseChoeur de l'église
Église Saint-Martin-de-Montphélix
En dehors du village, sur une petite route menant vers le bourg de Puybarban se trouve l'église Saint-Martin-de-Monphélix de style roman et en partie reconstruite au XVII ième siècle.

Elle a été inventoriée aux monuments historiques depuis 2009.
L’église Saint-Martin-de-Montphélix
L’église Saint-Martin-de-Montphélix est le plus ancien édifice de Pondaurat. Lors de l’installation des antonins dans le village, elle est déjà construite depuis presque deux siècles.

L’église revêt un caractère très champêtre, entourée de son cimetière. Elle est mentionnée dans le cartulaire de La Réole en 1097, quand les deux frères de Loubenx, partant à la Croisade, donnent la moitié de leurs revenus à Auger de Landerron, prieur du monastère de La Réole.

Murs et absides sont du XIe siècle, la porte romane historiée du XIIe siècle. Elle montre une très simple et séduisante silhouette, avec son chevet semi-circulaire, sa toiture très basse et son mur-clocher. Les baies hautes et étroites, en plein cintre, sont caractéristiques de l’art roman.

Église paroissiale dès le XIe siècle, elle le reste jusqu’en 1830, date à laquelle le maire de Pondaurat rachète l’église Saint-Antoine attenante au couvent et la transforme en église paroissiale. Saint-Martin-de-Montphélix est alors désaffectée.

En ruine jusqu’en 1980, elle est alors restaurée et couverte.
Tableau figurant la Visitation
La petite église romane Saint-Martin-de-Montphélix est pendant plus de 8 siècles, église paroissiale de Pondaurat. Remplacée dans ce rôle par l’église Saint-Antoine en 1830, elle n’en a pas moins conservé une partie de son mobilier et de son décor.

Ce tableau anonyme peint au XVIIIe siècle représente l’épisode de la Visitation, raconté par saint Luc dans son évangile (chapitre 1, versets 39-45) : la Vierge, enceinte, rend visite à sa cousine Élisabeth, qui attend Jean le Baptiste. Lorsque qu’elle voit Marie, Élisabeth sent l’enfant qu’elle porte tressaillir en son sein. La Vierge restera trois mois auprès de sa cousine, avant de repartir.

Dans cette représentation de la Visitation, parfaitement conforme à l’iconographie traditionnelle, la Vierge irradie la lumière. Saint Joseph l’accompagne et Zacharie accourt vers son épouse, les deux hommes restant au second plan, dans l’ombre. En fond, se dresse une architecture classique.

La Visitation est célébrée, d’après le calendrier des saints, le 31 mai. Ce tableau, de bonne facture, représente une scène de la vie de la Vierge relativement peu fréquente dans les petites église rurales.
Vitrail figurant sainte Bernadette à Lourdes
Quoiqu’elle ne soit plus utilisée comme église paroissiale principale depuis 1830, l’église Saint-Martin-de-Montphélix à Pondaurat est cependant dotée de nouveaux vitraux à la fin du XIXe siècle.

Les quatre grands vitraux de la nef sont l’œuvre du maître verrier chartrain Charles Lorin. Les couleurs sont vives, les attitudes en mouvement.

L’un de ces vitraux représente sainte Bernadette à la grotte de Lourdes, devant l’apparition de la Vierge. Dans le registre inférieur, deux blasons armoriés permettent d’en connaître les donateurs. À gauche figurent les armes des Carbonnier, à droite celles des Pichard, trois poissons. Marc de Carbonnier de Marsac, du Périgord, avait épousé en 1876 Marie-Louise de Pichard de La Tour.

L’iconographie relative à Notre-Dame de Lourdes se développe et se fixe très rapidement. Immédiatement après les apparitions, en 1858, Bernadette Soubirous donne une description de la Vierge (attitude et vêtements) qui sera respectée par les artistes dans la plupart des représentations, comme ici sur ces vitraux.

Église Saint-Martin-de-MontphélixEntréeTableau figurant la VisitationVitrail figurant sainte Bernadette à Lourdes
Le monastère des Antonins
Le monastère des Antonins et son moulin qui a servi jusqu'à la fin du XIX ième siècle et désaffecté vers 1960 forment un ensemble d'habitations privées qui a été inscrit monument historique en 1990
Monastère des Antonins et moulin de Pondaurat
À la fin du XIII ième siècle, une commanderie est fondée par les moines anachorètes de l'ordre de Saint Antoine, les Antonins, sur la voie limousine du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette commanderie fortifiée comporte l'église conventuelle Saint-Antoine, le monastère, un moulin et un presbytère, tous situés à proximité du pont péager qui franchit la Bassanne. L'ensemble devient, par la suite, propriété de l'ordre de Malte puis, à la Révolution, la commanderie et le moulin sont vendus comme biens nationaux, l'église restant propriété de l'état et donc de la commune.

L'inscription du monastère au titre des monuments historiques a été faite par arrêté du 12 juillet 1990; l'inscription du moulin a été ajoutée le 30 novembre 1990.

L'ensemble des bâtiments du monastère sont devenus une exploitation viticole et le moulin (photo ci-contre) une demeure privée.

Le monastère était une étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, sur le chemin dit Via Lemovicensis, entre Puybarban et Savignac.

Le monastère ne se visite pas.

Le couvent des antonins de Pondaurat a un rôle hospitalier. Le nombre de pèlerins de passage exige dès sa création l’installation d’un moulin sur la Bassanne.

Le moulin est construit à la fin du XIII ième siècle pour satisfaire à cette exigence de nourriture. Pour éviter le pillage de la farine, convoitée par les « picoureurs », le moulin est doté lors de sa construction d’un système défensif, encore visible notamment par les archères. Une intense activité minotière est constatée dès cette époque, et durant tout l’Ancien Régime.

Plusieurs fois remanié, le moulin est actif jusqu’en 1940. Il est doté en 1841 de 3 roues horizontales qui entraînent 3 paires de meules. En 1880, on installe 2 turbines. Le barrage destiné à canaliser l’eau du cours d’eau est constitué par le pont-digue de 13 mètres de long, construit à la même époque que le moulin.

Actuellement cet ancien moulin fortifié est transformé en habitation. Il conserve sa structure d’origine, et son bel appareil de pierres.

Le moulin ne se visite pas.

Vue nord du moulinDepuis le pont de la Bassanne : à gauche trois fenêtres du presbytère, à droite façade sud du monastèreFaçade sud de l'ensemble presbytère et monastèreDe part et d'autre du pont sur la Bassanne, moulin à gauche et presbytère à droite
Maison à contreforts et autres maisons
L'édifice, construit au XIV ième siècle, a initialement servi d'hôpital pour le monastère des Antonins situé sur l'autre côté de la route.

Il est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 12 juillet 19901 pour sa façade et sa toiture.
Maison de bourg de Pondaurat
Le village de Pondaurat, outre ses monuments notables que sont le couvent, le pont ou les églises, conserve également quelques belles bâtisses, témoins de l’architecture rurale ou de l’habitat de bourg.

Cette maison simple et pourtant raffinée date principalement du XVIIIe siècle.

Les baies du niveau principal, en partie sur soubassement en raison de la déclivité du terrain, sont cintrées en segment. La façade en pignon est reliée à la toiture par une génoise qui suit avec élégance le dessin des baies supérieures traitées comme des lucarnes : un oculus ovale et une baie à segment.

La rampe d’escalier et les grilles sont des ajouts récents. La maison a été entièrement restaurée, et son appareil de pierre irrégulier bien mis en valeur.

Cette maison ne se visite pas.
Maison de la Brette
La maison de La Brette à Pondaurat constitue un exemple d’architecture sobre et fonctionnelle, quoiqu’élégante, du XVIIIe siècle.

La maison d’origine, plus ancienne, est basse et dotée d’une aile en pavillon légèrement surélevé. Vers 1780, le propriétaire fait construire un nouveau bâtiment, d’un seul niveau, couvert à quatre pentes en tuiles canal. L’ordonnance régulière des cinq travées, dont une porte centrale et quatre fenêtres rectangulaires, donne sur un socle dallé formant perron qui compense la déclivité du terrain.

La demeure abrite à partir du XVIIIe siècle une étude notariale où quatre officiers se succèdent, de 1778 à 1869. Pierre Seguin fait construire l’aile, son petit-fils Émile-Bertrand y officie jusqu’en 1869. L’accueil des clients, le cabinet, le secrétariat et le stockage des archives exigent des pièces nombreuses et bien éclairées.

Cette ancienne demeure notariale, somme toute modeste, offre cependant un exemple d’habitat de la société d’avant la Révolution. Elle est aujourd’hui une maison d’habitation.

Cette maison ne se visite pas.
Maison de style Renaissance de Pondaurat
Sur le territoire de la commune de Pondaurat, quelques petits détails architecturaux suffisent parfois pour attirer le regard sur une maison. Certaines demeures, très anciennes, ne gardent que quelques indices visibles.

À côté de l’église de Montphélix, cette ancienne maison pourrait être l’ancien presbytère.

La fenêtre à meneau et traverse, les moulures, le mur pignon et le toit à deux eaux sont caractéristiques du XVIe siècle.

La demeure ancienne, côtoyée par un bâtiment agricole en bois, a perdu son usage d’habitation. Une petite maison, construite ultérieurement, l’a remplacée dans cet usage.

Cette maison ne se visite pas.

Maison à contreforts : Vue ouestMaison à contreforts : Vue au sud-ouestMaison de bourg de PondauratMaison de la BretteMaison de style Renaissance de Pondaurat
Pont médiéval
L'ancien pont péager des XIII ième et XIV ième siècles franchit la Bassanne.
Il a été inscrit monument historique en 1990.

Près de ce pont, se trouve une croix de chemin monumentale qui a été inscrite en 1990.
Le pont et la BassanneLe pont, de faceAutre vue du pontPondaurat, vieux pont sur la BassanneLa croix de chemin (photo ancienne)La croix de chemin (photo récente)